Et une rechute..une!
Pourtant rien ne va pour moi.
Demain je commence un séjour de thérapie en clinique psychiatrique.
Rien de grave pourtant…
Selon le psy, une rupture non digérée + décès de ma sœur, le tout en un seul mois = cata
Comme quoi on peut être belle, souriante, drôle, gagner de l’argent en camions bennes mais voir sa vie sentimentale classée catastrophe naturelle.
Je ne suis pas très fière de mon comportement ces derniers temps. J’avoue que je l’ai appelé en masqué pour écouter son allo mielleux qui soulève mes entrailles. Je ne sais pas si c’est cet appel qui a été le plus dur pour moi ou son parfum que j’ai senti sur un client. Mais je sais ce qui m’a fait rechuté…
Je l’ai croisé.
Oui, le monde est ridiculement petit.
Dans la même ruelle on se trouvait tous les deux au même moment. 4mois après qu’il ait disparu de ma vie, le destin me l’a mis sur mon chemin.
Il était garé devant un immeuble à quelques rues de chez moi. Entrain de l’attendre…sûrement…
Il m’a reconnu. Je le voyais m’observer par son rétroviseur alors que j’avançais dans son sens.
Alors que j’étais en parallèle avec lui il a retourné sa tête…
De toute façon je n’avais pas l’intention de m’arrêter…
Quelques pas après, je me suis retournée, il était entrain de me regarder. Nos yeux se sont enfin croisés. Je n’ai pu que lui faire signe de la main. Il m’a aussi fait signe. Sans lui donner plus de temps, je me suis retournée et continué mon chemin.
Je hais mon sang froid et les règles de bienséance qui dirigent ma vie.
Je ne peux pas décrire mon état physique à ce moment… Je me demande encore comment mes jambes m’ont portées jusqu’à chez moi.
Je t’en veux à mourir d’avoir pris ma jeunesse. Je ne suis plus qu’une vieille épave qui ne se permet plus la folie de venir te cracher sur la gueule au lieu de te faire signe de la main comme une bourgeoise baisée jusqu’à la moelle que je suis.
Une fois de retour chez moi, j’avais le choix entre trois options :
Déménager dans les DOM TOM
Être frappée d’amnésie sévère
Devenir lesbienne
Sinon, continuer à te traîner toute la journée comme un boulet.
Mais je n’en avais plus la force, le boulet grossit à vue d’œil. Et chaque soir, après 14heures de travail, mon pauvre corps n’a plus la force de pleurer en pensant à toi, endormi collé sur elle.
Et je me revois ce soir là, saoule comme une chienne, à me rouler par terre. Riant puis pleurant puis riant puis pleurant jusqu’à ne plus reconnaître les frontières entre rires et sanglots. Puis te maudire toi, maudire les hommes, l’argent et l’amour. Maudire le temps qui m’a traînée par terre.
J’ai décidé qu’il en est assez.
Je voulais vous dire merci d’être là et de me supporter
Je vous écrirai dès que j’en aurai l’occasion.
Par Rosielles, Lundi 5 Novembre 2007 à 21:21 GMT+4 dans Mes mots, ma thérapie (article, RSS)





