Un semblant de décision
Dans quelques jours je m’en vais. Je voyage vers cette ville qui aime mon odeur et mes pas. Vers des yeux auxquels ma présence manque.
Je voyage de toi veux eux.
C’est ce qui figure dans mes papiers officiels.
Mais est ce que je peux voler à ta vie quelques instants ? Et voler à tes yeux quelques regards ?
Parce que je veux te demander s’il était possible d’arracher mon cœur de ma poitrine et te le jeter à la figure ?
Et te crier de toutes mes forces : prends le ! Je n’en ai plus besoin. Je n’ai plus l’intention de m’en servir. Et son sort m’indiffère.
Depuis qu’il m’a entraîné vers tes mers pour m’y noyer, il est devenu mon ennemi patenté
A présent je te dis que ta bouée ne me sert plus à rien
Me noyer loin de toi est devenu meilleur que de survivre à tes côtés
Et maintenant je suis debout. Ramassant mes affaires. De cette terre solitaire qui a vécu ma folie d’un homme qui a perdu la capacité d’aimer et d’avouer.
Je brûlerai tes lettres
Je les rayerai de mon courrier
Je vendrai tes photos à petit prix à l’oubli
Parce que ce soir j’ai la force inouïe de brûler cette montagne d’illusions de toi.
Je m’en vais enfin. Peut m’importe si je te dis adieu. Ou si je scelle l’histoire à la cire rouge. Je m’en vais.
Et je ne prendrai pas la peine de m’excuser auprès d’elle parce que je t’ai aimé. Je ne m’excuserai pas auprès d’une femme assise à l’ombre de ton amour et ta tendresse.
Pendant que tu m’as assise dans le froid glacial de ton attente
Je ne m’excuserai pas auprès d’une femme qui t’a aimé du fond de son agréable nid douillet comme une princesse
Pendant que je l’ai fait dans mon puit froid et ténébreux
Je ne m’excuserai pas auprès d’une autre qui t’a attendu sur des draps de soie
Pendant que je t’ai attendu sur des tapis d’épines
Je ne lui demanderai pas de prendre soin de toi. Parcequ’elle se moquera de moi. Elle n’écoutera pas une femme qui vous regarde d’en bas sur le trottoir de la défaite
La femme de ta vie n’écoutera pas la femme de tes nuits
Mais ce qu’elle ne voit pas de son balcon fleuri, c’est que tu trembles toujours de froid. Que tu marche torse nu comme un enfant. Que tu es perdu, effrayé, que tu te cherches toujours.
Je te vois moi, entrain de brûler tes peines dans tes silences nocturnes. De là ou je suis, je peux voir que tu pleures seul, te lamentant sur ton sort.
Je ne lui demanderai pas de prendre soin de toi, et je ne vous arrêterai pas.
Je sais que la nouvelle ne te surprenra pas
Et que tu me me chercheras pas effrayé et ahuri, me téléphonant avec insistance, frappant à ma porte avec impatience, me posant une foule de questions enfantines
"Est-ce que c’est vrai que tu t’en vas ?"
Si tu l'avais fait je t'aurais serré comme une maman pour rassurer ton cœur effrayé
Et je t'aurai menti comme tu m’as appris:
"Mais non ! Pourquoi tu dis ça ? Tu sais bien que rien ni personne ne me prendra à toi!"
Je n'ai pas frappé pas à ta porte cette fois. Je n'ai pas demandé ta permission pour entrer.Je n'ai pas fait la civilisée ou la courtoise.
Je suis entrée sans permission. Sans préavis
Je voulais aprecevoir une de tes affaires avec elles, un coté de toi qui m’aidera à te détester.
Et te fuir.
Pour ensuite en rire de bon coeur.
Parce que tu ne le sais pas peut être, mais quelques douleurs font rire. Et quand la douleur se transforme en rire, c’est qu’on est arrivée aux plus hauts degrés de douleur
Par Rosielles, Samedi 7 Juin 2008 à 20:37 GMT+4 dans Mes mots, ma thérapie (article, RSS)




